Quand j’y repense aujourd’hui voilà ce que je me dis : «Nous sommes deux vrais fous!» Je finissais mon BAC en études littéraires et Mathieu travaillait comme enseignant, nous vivions dans la métropole depuis plus de deux ans et avions enfin trouvé un appartement à moins de mille dollars qui n’avait pas l’air d’un placard à balais. Nous avions des amis merveilleux que nous appelions le «clan» tellement nous étions tissés serrés. Montréal nous réussisait très bien, nous aimions le foissonnement culturel de la vie urbaine et en profitions amplement. Bref, nous n’aurions pas pu demander mieux.
Je dois avouer que le paysage maritime et rural de notre région d’origine me manquait beaucoup, mais je m’accommodais tout de même très bien de la vie urbaine (les boulangers de coins de rues et la soupe tonkinoise aidant à faire passer le moton). Je ne sais pas quelle cassure a bien pu s’opérer dans notre quotidien, mais toujours est-il que, du jour au lendemain, nous sommes devenus fous!
Mon père a un ami avec lequel il s’amuse à produire du sirop d’érable de façon artisanale (cela veut dire qu’il y a un calendrier sexy pendu dans la cabane juste au dessus de la caisse de bière cheap et de la bouteille de gros gin et c’est grâce à cet assemblage compliqué et scientifique de sueur de front et de gros fun qu’est produit le meilleur sirop d’érable au monde). Toujours est-il que cet ami était aussi l’heureux propriétaire d’une jolie et pittoresque petite auberge située à cheval sur deux municipalités et qui se nommait (et se nomme toujours) L’Auberge Une Ferme en Gaspésie. Monsieur Dufort avait été pendant quinze ans un aubergiste-conteur assidu, mais suite à une inspiration soudaine, il venait de prendre une grande décision : «Le 24 décembre au soir je prends ma retraite!» Cette décision a été prise si fort qu’elle s’est rendue jusqu’à mes oreilles, est entrée dans ma tête et a refusé d’en sortir! Ça faisait longtemps que papa nous répétait à Mathieu et à moi : «Me semble que j’vous verrais ben faire ça!» Et ça avait fait son chemin.
J’en ai parlé à Mathieu sans grande conviction en lui répétant que c’était hors de question que j’arrête mes études, que j’avais une maîtrise à faire et bla bla bla et bla bla bla…. Mais un soir je prenais un café avec une amie avant d’aller voir la Dame aux Camélias au TNM quand ça m’a frappée en plein visage (pas l’amie, l’idée) : «Ce projet là ne nous attendra pas!» J’ai répété cette phrase à Mathieu et bang! Nos destins étaient scellés. Bon c’est un peu plus compliqué que ça, mais disons qu’en trois semaines nos boîtes étaient faites, j’avais abondonné mes études, Mathieu avait démissionné et nous quittions Montréal pour Métis-sur-Mer dans le but d’opérer une Auberge! Je me souviendrai toujours des visages de nos amis du «clan» qui étaient venus nous aider à charger nos effets dans le gros camion de déménagement. Je pense qu’avoir à les quitter est la chose qui m’a le plus déchiré le coeur.
Après ça, tout s’est passé très vite. Nous avons eu deux semaines de formation avec Monsieur Dufort et sa cuisinière. Je suis devenue cuisinière (je vous ferai remarquer que je n’avais aucune expérience, seulement un peu d’intuition culinaire) et Mathieu serveur-animateur. Et nous opérons l’auberge depuis presque deux ans maintenant. Ce qui m’amène à le répéter encore : «nous sommes deux fous!»
Steff







Les fous se croient sages et les sages se reconnaissent fous. Idée géniale. Auberge géniale. Staff génial.
Vous êtes beaux.
Wow! Vous êtes fantastiques! Faudra qu’on arrête vous voir avant longtemps…
Longue vie!
Bravo Steff! Bravo Mathieu!
Bonne idée le blogue. Votre histoire est émouvante. J’vous aime et bonne journée!
M
Je vous adore les 2 fous! Vous nous manquez terriblement… Ça fait 2 ans déjà, Victor en témoigne de lui-même… Il était dans mon ventre ce jour ou nous vous avons salués sur ce pas de porte d’appartement de Villeray!
Nat, fière membre du “clan”
xx
Vous avez fait le bon choix. Super bien décrit et écrit. On dirait un synopsis
Ouais… Ça me réconcilie pas trop avec votre départ ça… J’suis dû pour ma portion de pâté chinois à la bavette j’pense…
Bu
Je suis trop fière de vous mes amis! Lire votre folie me fait vraiment trippé.. en espérant que vous soyez contagieux pour de belles idées de fous comme ça!
Véro
xxx
WOW!!! Des idées de fous comme ça, il en faudrait plus. L’auberge est fantastique, l’ambiance est merveilleuse, et vous êtes acceuillant.
Longue vie à votre continuité avec l’auberge
Vanou
xxx
Hé, je ne savais pas que la Dame aux camélias t’avais brassée de même! Je suis si heureuse que toute cette aventure se soit si bien déployé… wow… deux ans déjà!
Vous êtes beaux et je vous aime les copains :p.
Longue vie à votre bonheur et à votre talent pour le partager,
Claudiane xxox